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Les sépultures mésolithiques de "Loschbour"

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 Loschbour

Reconstitution de la sépulture I de Loschbour au MNHA (C. Weber).

Les sépultures mésolithiques de « Loschbour » sont à ce jour les plus anciennes tombes préhistoriques connues sur le territoire luxembourgeois. Elles ont été découvertes sous un abri rocheux situé à la confluence du ruisseau Loschbour et de l’Ernz noire dans le Müllerthal.

Si une inhumation est connue de longue date (Loschbour I), une crémation vient d’être reconnue à proximité (Loschbour II). Entre 1935 et 1939, Nicolas Thill, natif de Heffingen, après avoir réalisé des fouilles dans la région d’Oetrange, entreprit des recherches près de Reuland sous les abris gréseux sis en rive gauche de la vallée de l’Ernz noire. Lors des fouilles pratiquées dans un talus riche en tufs calcaires au pied d’une falaise de grès bordée par le Loschbour, un squelette humain fut mis au jour le 7 octobre 1935 ainsi qu’un « foyer » à quelques mètres. Suite à cette découverte, les investigations anthropologiques furent poursuivies avec l’assistance de Marcel Heuertz du Musée d’Histoire Naturelle. Le squelette était inhumé en position étendue, couché sur le dos, les pieds orientés vers le creux du rocher. Les genoux en flexion moyenne étaient un peu remontés, les avant-bras repliés et croisés sur le thorax. La présence d’une dalle (de couverture ?) rougie reposant sur le squelette, de deux fragments de côtes d’aurochs placés à côté du thorax (offrandes carnées ?) et d’un petit silex rond trouvé à l’intérieur du crâne (viatique ?), plaident en faveur d’une inhumation volontaire. Le défunt était un homme adulte robuste, à forte musculature et de petite stature : 1,60 m. Une structure de combustion, distante de quelques mètres de l’inhumation, appelée « foyer » par les anciens fouilleurs, recelait également quelques restes humains très fragmentés appartenant à un seul individu. Ayant la particularité d’être brûlés et de porter des traces de découpe au silex, ces ossements suggèrent une crémation du défunt avec manipulation du corps ante ou post-mortem. Parmi les restes osseux se trouvait un élément de parure brûlé : un coquillage fossile percé (Bayana lactea) originaire de la bordure tertiaire du Bassin parisien. D’après une date 14 C, la crémation de Loschbour II est plus ancienne que l’inhumation de Loschbour I. Suivant de nouvelles recherches (stratigraphie, palynologie, typologie) menées en 1981 sous la direction de l’Université de Liège (A. Gob) et de la Société préhistorique luxembourgeoise (F. Spier et P. Ziesaire), l’homogénéité de la sépulture de Loschbour I, des vestiges lithiques et osseux paraît assurée. Cette inhumation est attribuable à une phase finale du Mésolithique (présence de trapèzes) sur la base de deux dates au radiocarbone 14 C. Les sépultures relevées sur le gisement de Loschbour complètent et s’insèrent dans les différents rites funéraires observés (inhumation, incinération, manipulation des corps, sépultures individuelles et collectives, etc.) au Mésolithique en Europe nord-occidentale. Les nombreux remplissages sis dans les versants des formations de grès de Luxembourg s’avèrent constituer un formidable laboratoire pour l’étude des populations mésolithiques en général et de leurs pratiques funéraires en particulier.



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     Dernière mise à jour de
    cette page le 06-05-2004
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