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Dès 1845, les collections archéologiques se sont considérablement accrues grâce aux dons de trouvailles anciennes déposées par des particuliers. S’y ajoutèrent de nombreuses découvertes nouvelles. Les recherches entreprises entre 1851 et 1855 à l’emplacement du vicus romain de Dalheim mirent au jour une très grande quantité d’objets (pierres sculptées, inscriptions, statuettes, poteries, monnaies, fibules, bijoux, outils et autres ustensiles). Si en 1899, il fut possible d’acquérir l’importante collection Ernest Dupaix, comprenant plus de 4000 objets trouvés à Dalheim au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle, les deux pièces maîtresses de cette collection privée échappèrent au Musée, faute de crédits. En effet, en 1888, M. Dupaix vendit au Musée du Louvre à Paris deux statuettes en bronze découvertes à Dalheim en 1863, un Jupiter et une Minerve, d’une taille exceptionnelle (resp. 61,5 et 40 cm) et d’une qualité extraordinaire. Ces chefs d’œuvres de l’art bronzier antique ne figurent que sous forme de copies dans les collections archéologiques du Musée.
D’autres découvertes importantes de cette époque ( monuments funéraires de Mersch, tombes de Hellange…) et des acquisitions isolées (blocs sculptés d’Emerange et de Remerschen…) contribuèrent également à agrandir la collection. Au fil des années, furent incorporées un certain nombre de pierres sculptées romaines qui, au XVIe et XVIIe siècle, faisaient partie respectivement de la collection du comte Pierre-Ernest de Mansfeld, gouverneur du Duché de Luxembourg de 1545 à 1604, et de la collection du collège des Jésuites de Luxembourg, réunie grâce à l’activité du « père de l’Archéologie Luxembourgeoise », Alexandre Wiltheim (1604-1684).L’acquisition la plus spectaculaire réalisée au cours de la première moitié du XXe siècle fut sans doute le mobilier funéraire d’une tombe à inhumation du Bas-Empire romain, mise au jour en avril 1936 à Junglinster.
La création par l’Etat luxembourgeois d’un Musée d’Histoire et d’Art allait institutionnaliser et de ce fait centraliser la recherche archéologique dans le pays. Les fouilles archéologiques effectuées notamment à la suite de découvertes fortuites se multiplièrent. De nombreuses interventions d’urgence de courte durée furent entreprises dans tous les coins du pays et couronnées de plus ou moins de succès, mais aussi des fouilles de grande envergure (sanctuaire gallo-romain à Steinsel-Rëlent).
C’est à Gérard Thill, nouveau conservateur du Musée d’Histoire et d’art en 1964, que revient le grand mérite non seulement d’avoir intensifié la recherche archéologique au Luxembourg, mais d’avoir contribué, grâce à la publication régulière de rapports de fouille adéquats, à donner à l’archéologie luxembourgeoise une dimension scientifique. Parallèlement, un collaborateur bénévole du Musée, l’abbé Georges Kayser fit des découvertes extraordinaires (tombes princières Trévires de Goeblange-« Scheierheck », nécropole julio-claudienne au « Krëckelbierg » près de Nospelt…) qui contribuèrent également à valoriser la position du Grand-Duché de Luxembourg dans le contexte plus vaste de la recherche archéologique internationale.
A partir de 1972, les recherches programmées et les interventions d’urgence sur des sites de l’époque romaine se sont suivies à un rythme de plus en plus accéléré. Les fouilles ont produit une si grande quantité d’objets que seules les pièces de choix ont pu être intégrées dans les salles d’exposition réservées à la section gallo-romaine.
Pour conclure, il faut encore relever qu’à côté des nombreuses pièces mises au jour dans les fouilles entreprises par le Service Archéologique du Musée, d’autres trouvailles provenant soit de recherches effectuées par des collaborateurs bénévoles du Musée, soit de découvertes fortuites anciennes et nouvelles, sont entrées dans les collections du Musée au cours des trois dernières décennies.
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